Claude Code : 15 à 20 % de tokens gaspillés selon Flamerix, 2 % selon Anthropic
Flamerix AI accuse une fonction de Claude Code de brûler 15 à 20 % des tokens. Anthropic confirme le mécanisme mais parle de 2 à 6 %. Qui croire ?
Une étiquette de trois à cinq mots, rafraîchie toutes les 30 secondes, pourrait coûter plus cher que la conversation elle-même. C’est ce qu’affirme la société Flamerix AI à propos de Claude Code, l’agent de programmation d’Anthropic. Anthropic reconnaît le mécanisme, mais conteste le chiffre.
Pour un indépendant ou une PME qui paie à l’usage, la question dépasse l’anecdote : qui maîtrise réellement la facture d’un agent de code ?
Une étiquette de trois mots, un historique entier renvoyé
L’affaire est rapportée par Numerama. Dans un gist (un fichier de code partagé en ligne) mis à jour le 28 octobre 2026, Flamerix AI publie un script qui désactive les résumés automatiques de Claude Code. Selon la société, ces résumés engloutiraient « 15 à 20 % » des tokens consommés par l’outil. Un token est l’unité de texte que les modèles d’IA facturent : plus on en envoie et on en reçoit, plus on paie.
Voici le mécanisme décrit. Quand Claude Code lance des agents en arrière-plan, il affiche un panneau qui indique ce que fait chacun d’eux. Environ toutes les 30 secondes, il demande au modèle de résumer la dernière action de l’agent en trois à cinq mots.
Le problème, selon Flamerix : pour produire cette courte étiquette, l’outil renverrait à chaque fois l’intégralité de l’historique de l’agent. Et ce, le plus souvent, vers l’un des modèles les plus coûteux de la gamme. Plus un agent travaille longtemps, plus son historique s’allonge, donc plus chaque résumé coûte cher. La facture monterait encore quand plusieurs agents tournent en parallèle.
Sur une semaine de mesures au sein de sa propre équipe, Flamerix affirme que cette fonction aurait même coûté davantage que la conversation principale avec l’IA. Il s’agit de ses mesures, sur un échantillon que l’on ne connaît que par ce récit.
Une fonction active par défaut, invisible dans les journaux
Le point le plus gênant, s’il se confirme, tient moins au coût qu’à la visibilité. D’après Flamerix, la fonction est activée par défaut depuis la version 2.1.232, sortie en août, et aucun réglage ne permet de la couper.
Ces requêtes n’apparaîtraient pas non plus dans les journaux enregistrés sur la machine de l’utilisateur. Les outils de suivi des coûts qui s’appuient sur ces journaux ne les verraient donc pas. La société dit les avoir repérées en analysant les données de télémétrie que Claude Code peut exporter, c’est-à-dire des relevés techniques sur le fonctionnement de l’outil.
Son script ne modifie pas le programme. Il intercepte le minuteur qui déclenche les résumés et l’empêche de se lancer. Son auteur prévient toutefois qu’une mise à jour de Claude Code peut le rendre inopérant sans avertissement.
Anthropic : le mécanisme est réel, l’ampleur est contestée
La réponse est venue de Hacker News. Un membre de l’équipe Claude Code, qui signe edwinarbus, a reconnu que Flamerix avait correctement décrit le mécanisme. Il a précisé que seuls les agents en train de travailler déclenchent ces résumés.
Sur les chiffres, en revanche, il n’est pas d’accord. Selon lui, la semaine précédente, sur l’ensemble des utilisateurs qui transmettent leur télémétrie, « agent_summary représentait environ 2 % du coût » au tarif public de l’API. Pour l’usage dans le terminal, il parle d’environ 6 %.
Il ajoute qu’un correctif est déployé à partir de la version 2.1.311. Les résumés profitent désormais du cache, le mécanisme qui évite de repayer plein tarif un texte déjà envoyé. Une variante plus économique, reposant sur un modèle plus petit, serait en préparation.
À ce stade, aucun de ces chiffres n’a été vérifié de façon indépendante. D’un côté, une mesure d’équipe publiée par la société qui diffuse le script. De l’autre, une moyenne de l’éditeur de l’outil. Les deux peuvent être exactes sans se contredire, comme on le voit plus bas.
Pourquoi 20 % d’un côté, 2 % de l’autre ?
On ne peut pas trancher avec les éléments publics, mais on peut poser les bonnes questions.
La première concerne l’échantillon. Anthropic parle de tous les utilisateurs qui transmettent leur télémétrie, une moyenne qui dilue forcément les usages. Flamerix décrit une équipe qui fait travailler des agents. Or, d’après la description du mécanisme, le surcoût grimpe avec la durée de travail des agents et leur nombre. Une moyenne de 2 à 6 % peut donc cohabiter avec des pics bien plus élevés chez des utilisateurs intensifs. C’est une hypothèse, pas un fait établi.
La deuxième concerne la base de calcul. Anthropic raisonne « au tarif public de l’API ». On peut supposer que, selon l’abonnement ou le mode d’usage, ce que paie réellement un utilisateur s’écarte de ce tarif. C’est là aussi une hypothèse : les sources ne le précisent pas, pas plus qu’elles ne disent comment Flamerix a calculé son pourcentage.
La troisième concerne la date. Les chiffres d’Anthropic portent sur la semaine précédente et le correctif de la version 2.1.311 est en cours de déploiement. Un chiffre mesuré avant le correctif ne vaut pas forcément pour la version actuelle.
Avant d’installer un script tiers : mesurer, lire, tester
La tentation est forte de lancer un script qui promet de réduire sa facture. Quelques réflexes simples s’imposent.
- Mesurer d’abord. Flamerix dit avoir trouvé ces requêtes grâce à la télémétrie exportable de Claude Code, faute de les voir dans les journaux locaux. Si vous payez à l’usage, comparez votre facture réelle chez le fournisseur avec ce que vos outils de suivi affichent. Un écart inexpliqué est un signal.
- Vérifier sa version. Selon Anthropic, le correctif arrive avec la version 2.1.311. Si vous utilisez une version antérieure, mettre à jour est une option à considérer avant de bricoler.
- Lire le script. Il intercepte un minuteur dans un outil qui travaille sur votre code. Un script tiers, même publié de bonne foi, est du code que vous exécutez à vos risques. Relisez-le, ou faites-le relire, avant de l’installer.
- Accepter la fragilité. Son auteur prévient qu’une mise à jour peut le neutraliser sans signal. Vous pourriez croire à une économie qui n’existe plus.
- Comparer avant et après. Sur une tâche comparable, avec les mêmes agents, mesurez la consommation avec et sans le script. Une seule mesure ne prouve rien, mais deux valent mieux qu’un chiffre trouvé en ligne.
Une question qui dépasse cette fonction
L’épisode illustre un point plus large : le coût d’un agent de code dépend de mécanismes internes que l’utilisateur ne voit pas toujours. Ici, un affichage de confort aurait un coût réel, activé par défaut et sans réglage pour le couper, si l’on en croit Flamerix. Anthropic reconnaît l’existence du mécanisme et le corrige, ce qui est à son crédit. Reste que la mesure indépendante, elle, n’existe pas encore.
La question à garder en tête : combien d’autres fonctions de confort tournent en arrière-plan, et votre outil de suivi les voit-il vraiment ?
Sources
Pour aller plus loin Dossier : Les agents IADossier : La bulle de l’IA