Data centers IA : la mémoire vive aurait bondi de 350 %, les PC reculent

Selon ZDNet, la mémoire vive aurait bondi de 350 % à cause des data centers d’IA. Samsung voit la pénurie durer jusqu’en 2028 : que faire pour votre PME ?

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Un immense data center aspire des puces mémoire, tandis qu’un petit ordinateur portable attend, presque vide, sur un bureau

Les data centers d’IA n’avalent pas seulement de l’électricité. Selon ZDNet, ils aspirent aussi les puces mémoire, au point de faire bondir le prix de la mémoire vive d’environ 350 % en un an. Et Samsung, qui vient d’enregistrer un trimestre record, prévient que la tension durera jusqu’en 2028.

Pour une PME ou un indépendant francophone, la question est simple : le prochain PC coûtera-t-il plus cher à cause des serveurs d’OpenAI et de Microsoft ?

Un effet d’éviction qui touche les PC

Dans un sujet de sa rubrique ZD Tech, ZDNet décrit un paradoxe. Les investissements dans l’IA explosent, mais les ventes de matériel informatique reculent. Le média cite une baisse de 22 % des livraisons de smartphones au troisième trimestre, et une chute similaire pour les constructeurs de PC comme Dell, Lenovo ou HP.

Le mécanisme décrit est un effet d’éviction. Pour faire tourner leurs modèles génératifs, OpenAI, Google ou Microsoft achètent d’énormes volumes de semi-conducteurs et de mémoire. Grâce à leur puissance financière, ils capteraient la quasi-totalité des stocks disponibles auprès des fabricants de puces. Résultat, toujours selon ZDNet : le coût de la mémoire vive aurait grimpé d’environ 350 % en un an.

Ce chiffre vient du seul article de ZDNet, qui ne précise ni la date de départ ni le type de mémoire concerné. Il donne un ordre de grandeur, pas un prix d’achat pour votre prochaine machine.

Le média ajoute qu’un composant, qu’il ne nomme pas dans ce passage, représenterait à lui seul les deux tiers du coût de production d’un portable d’entrée de gamme. Dans ce cas, les fabricants n’auraient d’autre choix que de répercuter la hausse sur leurs prix catalogue.

Un marché à deux vitesses

Tous les constructeurs ne subissent pas le choc de la même façon. Selon ZDNet, Apple et Samsung limitent la baisse de leurs ventes à environ 5 %. Ils s’appuient sur leur trésorerie et sur leur pouvoir de négociation face aux fournisseurs.

Les fabricants d’entrée de gamme, eux, verraient leurs volumes s’effondrer de 25 à 30 %. Or ce sont souvent ces machines que les petites structures achètent en nombre pour équiper une équipe.

Le rapport de force se lit dans ces chiffres. Les géants du cloud, qui commandent en masse, captent les stocks. Les autres se partagent ce qui reste.

Samsung : pénurie annoncée, bénéfices records

Le constructeur sud-coréen confirme la tension, et ses résultats en profitent. D’après ZDNet, Samsung Electronics a publié pour le troisième trimestre un résultat d’exploitation de 107,4 billions de wons (environ 80 milliards de dollars) et un chiffre d’affaires de 195,3 billions de wons (environ 146 milliards de dollars). C’est le quatrième trimestre consécutif de records sur ces deux indicateurs. Le résultat d’exploitation serait environ neuf fois supérieur à celui du troisième trimestre 2025.

Lors de sa conférence téléphonique, Samsung a dit anticiper en 2027 une demande de mémoire sans précédent. Elle serait portée par les infrastructures d’IA et par la diffusion des agents d’IA personnels. Même avec des investissements offensifs l’an prochain, le groupe juge difficile de voir sa production réelle augmenter en 2028.

Kim Jae-jun, vice-président de la division mémoire, explique que les délais entre la construction d’une usine et la production de plaquettes sont longs. Il ajoute que les futures HBM4E et HBM5 auront des puces plus grandes et davantage de couches métalliques, ce qui limite mécaniquement la hausse des volumes.

La HBM est la mémoire des serveurs d’IA, distincte de la mémoire d’un PC. Pourtant, selon ZDNet, la remontée des prix des mémoires classiques contribue aussi aux résultats de Samsung. On peut supposer que les deux types de mémoire se disputent en partie les mêmes capacités de production. Les sources ne le précisent pas : c’est une hypothèse, pas un fait établi.

Samsung affirme que ses volumes de HBM pour 2027 sont déjà vendus. Il dit avoir signé dix contrats pluriannuels avec de grands clients et en négocier dix autres, avec des clients du mobile, de l’automobile et des réseaux. Il vise 60 à 70 % de sa capacité sous contrats de long terme d’ici 2030.

Un point de vigilance : ce sont des déclarations d’un fournisseur dont les résultats profitent de cette rareté. Ce sont des prévisions, pas des faits acquis.

Acheter, attendre ou reconditionner : les pistes d’une PME

ZDNet formule deux recommandations aux directions informatiques. D’abord, prolonger les cycles de renouvellement de 12 à 18 mois pour amortir les hausses de tarifs. Ensuite, privilégier le reconditionné ou la maintenance préventive plutôt que d’acheter des terminaux neufs « hors de prix ». Le média évoque aussi des acheteurs qui se tournent déjà vers le reconditionné.

Ces pistes se discutent selon votre situation. Voici les questions à se poser :

  • Acheter maintenant. Si un renouvellement est inévitable cette année, attendre pourrait coûter plus cher si Samsung a raison sur 2028. Mais rien dans les sources ne garantit que les prix continueront de monter au même rythme.
  • Attendre. Prolonger la vie des machines existantes limite la dépense immédiate. Encore faut-il qu’elles tiennent, qu’elles restent compatibles avec vos logiciels et qu’elles soient sécurisées.
  • Passer au reconditionné. C’est la piste que ZDNet met en avant. Une question reste ouverte : si la demande de reconditionné augmente, les prix de ces machines suivront-ils ? Les sources ne le disent pas.
  • Faire tourner l’IA dans le cloud plutôt qu’en local. Cela évite d’acheter un PC plus puissant, donc plus gourmand en mémoire. Mais ce cloud repose sur les mêmes data centers qui créent la tension : c’est une hypothèse à tester, pas une certitude. Comparez le coût d’un abonnement ou d’un usage à la demande avec celui d’une machine renforcée sur trois ans.

Avant de décider, demandez deux devis à jour, un pour du neuf et un pour du reconditionné, avec la quantité de mémoire et la garantie. Comparez-les à ceux de l’an dernier si vous les avez gardés. C’est le moyen le plus concret de vérifier, pour votre cas, ce que valent les 350 % annoncés.

Une question reste ouverte

Les deux articles s’accordent sur le diagnostic : la demande d’IA dépasse l’offre de mémoire. Ils ne reposent pas sur le même type de preuve. L’un chiffre la hausse sans en détailler la base. L’autre rapporte des prévisions d’un acteur qui en tire profit.

Ce qu’aucune des deux sources ne montre, c’est le prix final d’un PC de bureau pour une PME belge, française, suisse ou québécoise. C’est là que se joue votre budget, et c’est ce que vous pouvez observer vous-même, devis après devis, d’ici 2028.

Sources

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