Le roi Philippe et Bruno Colmant clonés par IA dans des arnaques en Belgique
Selon Moustique, des VIP belges, dont le roi Philippe, sont clonés par IA pour attirer des victimes vers de faux investissements. Que disent les chiffres ?
Une invitation personnelle du roi Philippe à une visioconférence sur les cryptomonnaies : voilà ce que des escrocs font circuler, selon le magazine Moustique. Le roi n’y est pour rien. Son visage et sa voix ont été copiés par intelligence artificielle, comme ceux d’autres figures belges, pour donner confiance à des victimes avant de leur demander de l’argent.
Qui est cloné, et pour quoi faire
En jeu : comprendre pourquoi une vidéo d’une personne connue ne suffit plus à rassurer. Dans son enquête du 23 octobre, le journaliste Harold Nottet explique que de nombreux VIP belges ont été clonés à leur insu. Il cite l’économiste Bruno Colmant, l’animatrice de la RTBF Fanny Jandrain et le roi Philippe.
Le principe : un « deepfake », ou hypertrucage, est une vidéo ou un enregistrement fabriqué par IA qui fait dire ou faire n’importe quoi à une personne réelle. Les escrocs s’en servent pour attirer vers de faux investissements. Selon Moustique, les arnaques atteignent des montants à cinq ou six chiffres.
Les chiffres cités, et ce qu’il faut en penser
En jeu : savoir si le phénomène est marginal ou massif. Moustique avance une estimation de 1,1 milliard de dollars de pertes liées aux deepfakes en 2025, soit environ 300 % de plus qu’en 2024. En clair : le montant aurait à peu près quadruplé en un an. Nous n’avons pas pu vérifier ce chiffre, et le texte consulté n’en détaille pas la méthode.
Le magazine cite aussi Gartner, un cabinet d’analyse du secteur informatique : en 2025, 37 % des responsables de la cybersécurité interrogés avaient été confrontés à des deepfakes vidéo, et 43 % à des deepfakes audio. Il s’agit de professionnels de la sécurité, pas du grand public : ces proportions ne disent pas combien de particuliers belges sont touchés. Le texte consulté ne donne d’ailleurs aucun bilan du nombre de victimes en Belgique.
Des entreprises aussi, avec des sommes bien plus élevées
En jeu : mesurer ce que peut coûter une visioconférence truquée. Moustique rappelle un cas de février 2024 : un employé d’une multinationale basée à Hong Kong a effectué une dizaine de transactions pour 25 millions de dollars après une visioconférence avec de faux collègues, dont son directeur financier. Selon Fortune, la somme était de 200 millions de dollars de Hong Kong (environ 25,6 millions de dollars américains) et l’entreprise a été identifiée plus tard comme Arup.
Moustique cite aussi un entrepreneur du canton de Schwyz, en Suisse, qui a transféré plusieurs millions de francs vers un compte bancaire asiatique après une arnaque par deepfake audio. De son côté, la télévision suisse RTS évoque une entreprise schwyzoise qui a perdu plusieurs millions après des appels imitant la voix d’un partenaire commercial.
Ce que recommandent les sources
Le texte de Moustique ne contient pas de liste de conseils : il insiste surtout sur la nécessité de se méfier des sollicitations inattendues. Les autres sources consultées convergent. La RTS conseille de ralentir, de ne pas agir dans l’urgence et de rappeler la personne par un autre canal, avec un numéro déjà connu, avant tout paiement. Interpol recommande de vérifier par un canal fiable et, pour les entreprises, d’exiger plusieurs validations pour les paiements importants.
Reste un point à garder en tête : quand on tombe sur une vidéo où une personnalité promet un placement miracle, la notoriété du visage n’est plus une preuve. Seule compte la source par laquelle la proposition arrive.
Sources
Pour aller plus loin Dossier : IA et sécurité