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Europe, Chine, États-Unis : où en est la course à l’IA ?

Qui mène la course à l’IA ? Modèles, puces, règles européennes et dépendances : les faits d’octobre 2026, attribués et nuancés, sans jargon.

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L’intelligence artificielle est devenue un sujet de rapports de force entre pays : qui fabrique les meilleurs modèles, qui fournit les puces, qui fixe les règles. Ce dossier fait le point sur ce que les sources d’octobre 2026 permettent d’établir, avec leurs limites. Beaucoup d’informations viennent d’un seul média, d’une entreprise parlant de ses propres produits ou de sources anonymes : nous le précisons à chaque fois.

Les modèles : les États-Unis devant, la Chine en tête des modèles ouverts

Un modèle à poids ouverts est un modèle dont les fichiers sont téléchargeables et utilisables chez soi, par opposition aux modèles « fermés » accessibles seulement par le service de leur éditeur.

  • Les meilleurs modèles ouverts sont chinois. Mistral, l’éditeur français, a publié le 29 octobre les poids de Large 4, un modèle d’environ 1 000 milliards de paramètres entraîné entièrement en Europe. Selon Numerama, il obtient 26 points sur l’indice global d’Artificial Analysis, contre 32 pour DeepSeek V4.1 Flash et GLM-5.3, deux modèles chinois. Il est en revanche fort en programmation. L’héberger chez soi exige quatre à huit cartes graphiques de centre de données, et la licence se durcit. (notre analyse)
  • Les chiffres dépendent de l’indice. Sur la version 5 de l’indice Artificial Analysis, bâtie à 60 % sur des évaluations privées ou à réponses secrètes, Mistral Large 4 passe de 38 à 25 points, comme onze autres modèles ouverts, tandis que Claude Opus 5.5 (Anthropic) reste à 58. Selon le modèle compté comme « ouvert », l’écart avec les modèles fermés vaut 3, 12 ou 26 points, et Artificial Analysis n’explique pas la chute. Un score unique ne dit donc pas tout. (notre analyse)
  • La copie entre laboratoires. Selon The Information, relayé par The Decoder, DeepSeek et Moonshot AI se sont beaucoup appuyés sur GPT-6 Astra d’OpenAI pour entraîner leurs derniers modèles, Claude étant devenu une cible plus difficile : Anthropic affirme que ses nouvelles protections réduisent de 90 à 99 % les données que des attaquants peuvent extraire. Ces informations reposent sur des sources anonymes et ne sont pas confirmées par les laboratoires cités. (notre analyse)

Les puces : une dépendance et un test de force

  • Un GPU chinois face au H200. Selon QbitAI, le fabricant Tianshu Zhixin a opposé en direct son GPU Tiangai 300 au H200 de Nvidia : 1,05 fois le H200 en inférence par carte, selon un test tiers dont l’article ne donne pas le nom. Les chiffres viennent surtout de l’entreprise ; une démo en direct reste une vitrine et ne prouve pas un rattrapage général. (notre analyse)
  • Le renseignement s’en mêle. Selon le New York Times, repris par Ars Technica, Donald Trump aurait été informé il y a environ un an d’une source chinoise ayant un accès direct au patron de Nvidia et n’aurait donné aucune suite. Nvidia dément, l’ambassade de Chine parle d’accusations sans fondement, et tout repose sur des sources anonymes. (notre analyse)

Des modèles qui circulent… et des questions de confiance

  • Les modèles voyagent. Une équipe de NVIDIA et du MIT a bâti un outil de vidéo 4K sur MiniMax H3, un modèle du laboratoire chinois MiniMax dont les poids ont été ouverts en août, selon QbitAI. Le cas montre qu’un modèle ouvert circule d’un pays à l’autre, sans que la nationalité du laboratoire d’origine dicte son usage. Les chiffres viennent des équipes du projet, sans vérification indépendante. (notre analyse)
  • Un comportement à surveiller. Palisade Research a trouvé des appels vers un proxy d’Alibaba Cloud dans trois modèles Qwen 3.8, mais dans aucun des anciens Qwen 3.7. Les requêtes ont reçu une erreur 403, et les chercheurs ne voient aucune preuve d’exfiltration de données. (notre analyse)

Le marché chinois

Selon IDC, relayé par QbitAI, le marché chinois de l’IA proposée à la location (MaaS, « modèle en tant que service ») a atteint 10,63 milliards de yuans au premier semestre 2026, en hausse de 889,4 %. Les chiffres viennent de textes publiés par un média qui valorise ses sujets, et rien dans ces sources ne compare la Chine à l’Europe. (notre analyse)

L’Europe : règles, plateformes américaines et données personnelles

  • L’AI Act. Dans une tribune, Philippe Peter (Sprinklr) estime que le contrôle humain systématique et la nationalité du fournisseur sont deux faux débats, et que la plupart des exigences pour les systèmes à haut risque s’appliqueront en décembre 2027. C’est une opinion signée par un acteur commercial du secteur, à confronter à d’autres points de vue. (notre analyse)
  • Les plateformes américaines s’installent. OpenAI a annoncé à Berlin que son assistant Dots sera disponible plus largement en Europe « dans quelques semaines » et revendique 1,2 milliard d’utilisateurs hebdomadaires pour ChatGPT. Avec l’Agents API, l’entreprise propose d’héberger l’infrastructure des agents, ce qui complique un changement d’écosystème ultérieur : la portabilité devient un critère de choix. (notre analyse)
  • La protection des données reste un front. L’association noyb a déposé cinq plaintes RGPD contre Scale AI dans quatre pays européens, au nom de travailleurs de sa plateforme. Ce sont des allégations : aucune faute n’est établie à ce stade. (notre analyse)

Ce que cela change pour une entreprise européenne

Ces conseils sont ceux de la rédaction TokenDose :

  1. Tester les modèles sur ses propres tâches plutôt que de se fier à un score unique, dont l’indice peut changer du jour au lendemain.
  2. Éviter la dépendance à un seul fournisseur : préférer des outils qui permettent de changer de modèle.
  3. Savoir où partent les données : vérifier l’hébergement et la licence avant d’adopter un modèle, quelle que soit sa nationalité.
  4. Suivre les échéances de l’AI Act qui concernent votre usage.

Questions fréquentes

Qui est en tête dans l’IA ? Les sources d’octobre placent les modèles fermés américains devant, et les meilleurs modèles ouverts du côté chinois. Mais les écarts dépendent fortement de l’indice utilisé.

L’Europe a-t-elle une IA souveraine ? Mistral entraîne ses modèles entièrement en Europe, mais son dernier modèle reste derrière les meilleurs modèles ouverts chinois sur l’indice global, et il exige un matériel coûteux pour être hébergé chez soi.

Qu’est-ce que l’AI Act ? Le règlement européen sur l’IA. Selon une tribune citée plus haut, l’essentiel des exigences pour les systèmes à haut risque s’appliquerait en décembre 2027.

Un modèle chinois est-il dangereux ? Les sources d’octobre ne démontrent pas de fuite de données dans le cas Qwen : elles signalent un comportement inhabituel, sans preuve d’exfiltration.

Ce dossier est révisé à chaque évolution notable. Une erreur ? Voir la politique de corrections.

Sources

  1. Mistral Large 4 est disponible en poids ouverts : ce qui a changé depuis sa présentation (Numerama)
  2. Mistral Large 4 passe de 38 à 25 points sur le nouvel indice d’Artificial Analysis (ActuIA)
  3. 敢和英伟达现场PK的国产GPU,我是服的 (量子位)
  4. Report: Trump did nothing with intel that China planted spy close to Nvidia CEO (Ars Technica)
  5. OpenAI's Astra becomes the main target for Chinese AI labs after Anthropic tightens its defenses (The Decoder)
  6. Alibaba’s latest Qwen models routed some requests through company servers, researchers find (The Decoder)
  7. IDC最新报告:MaaS市场分化,PPIO拿下独立服务商首位 (量子位)
  8. Philippe Peter (Sprinklr) : « Les entreprises européennes se trompent de débat sur l’AI Act » (ZDNet France)
  9. OpenAI teases Dots for Europe, but its Berlin DevDay was really about building a platform (The Decoder)
  10. Scale AI, spécialiste du travail du clic, visé par plusieurs plaintes RGPD (ZDNet France)

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